La Fédération Syntec annonce la signature d’un accord de branche relatif à la transition environnementale des entreprises relevant de la branche des bureaux d’études techniques, des cabinets d’ingénieurs-conseils et des sociétés de conseil. Dialogue social, compétences, mobilité, numérique, prévention des risques climatiques ou encore accompagnement des clients : cet accord, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2027, constitue une feuille de route commune pour les prochaines années et visent à rendre les activités des entreprises de la branche compatibles avec les limites planétaires tout en renforçant leur attractivité et leur pérennité.
Un rôle moteur pour la branche dans la transition écologique
Les entreprises de la Fédération Syntec occupent une place particulière dans la transition environnementale : au-delà de leur propre empreinte, elles sont de puissants prescripteurs dont les recommandations orientent les décisions d’investissement de leurs clients, et où l’impact environnemental peut largement dépasser celui de leurs propres activités. « Notre branche influence plus qu’elle n’émet », souligne Pierre-Louis Biaggi, président de la Commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation (CPPNI). L’accord reconnaît cette spécificité et ambitionne de faire de la transition environnementale un facteur de compétitivité, d’attractivité et d’innovation pour l’ensemble de la branche.
Avec cet accord, la transition environnementale devient pleinement un sujet de dialogue social, de développement des compétences et d’organisation du travail.
L’accord prévoit notamment :
- L’intégration des enjeux environnementaux dans le dialogue social : les entreprises de la branche sont encouragées à inscrire la transition environnementale dans les négociations collectives, les consultations du CSE, la gestion des emplois et des compétences (GEPP) ainsi que les démarches relatives à la qualité de vie et aux conditions de travail.
- L’émergence de nouvelles compétences « vertes » : la branche reconnaît officiellement des compétences devenues stratégiques (écoconception, analyse environnementale, sobriété numérique, intelligence artificielle frugale, management de la transition ou encore conformité réglementaire) qui pourront être intégrées aux référentiels métiers, aux fiches de poste, aux entreprises professionnels et aux politiques RH. Une certification « Ambassadeur de la transition écologique en entreprise » viendra valoriser ces expertises.
- Une nouvelle approche de l’organisation du travail face au changement climatique : développement des mobilités durables, priorité donnée au train lorsque le trajet ferroviaire est inférieur ou égal à trois heures, promotion du télétravail et des outils collaboratifs pour limiter les déplacements, prise en compte des risques liés aux fortes chaleurs et aux événements climatiques dans la prévention des risques professionnels.
- Un volet inédit consacré à la sobriété numérique, avec des recommandations visant à prolonger la durée de vie des équipements informatiques, développer l’écoconception des services numériques, promouvoir une intelligence artificielle plus sobre et mesurer son empreinte environnementale.
- Une meilleure orientation de l’épargne salariale vers la transition environnementale, en encourageant les entreprises à proposer davantage de fonds d’investissement responsables (ISR) et à intégrer progressivement des critères environnementaux dans leurs accords d’intéressement.
Une boîte à outils pour accompagner toutes les entreprises
Parce que la transition environnementale ne concerne pas uniquement les grandes entreprises, la Fédération Syntec met à disposition des structures de toutes tailles des outils opérationnels accessibles gratuitement pour faciliter leur passage à l’action. L’accord est ainsi accompagné d’un autodiagnostic de maturité environnementale, permettant aux entreprises d’évaluer leur niveau d’avancement à partir de 20 critères répartis en cinq grands thèmes, puis de construire un plan d’action adapté à leur taille, à leur activité et à leurs priorités.
Cette approche pragmatique doit permettre à chaque entreprise, de la TPE au grand groupe, de structurer progressivement sa trajectoire environnementale.
« La signature de cet accord marque une étape importante pour notre branche. Les entreprises de l’ingénierie, du numérique du conseil, de l’événementiel et de la formation professionnelle ont une responsabilité particulière : elles ne se contentent pas de réduire leur propre empreinte environnementale, elles accompagnent également des milliers d’organisations dans leurs choix stratégiques. Cet accord leur donne un cadre commun pour accélérer cette transition, développer les compétences de demain et faire de l’environnement un levier de performance, d’innovation et d’attractivité. »