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Publié le 20 octobre 2020

[Etude Ifop pour la Fédération Syntec] Fracture territoriale – 41% des actifs français prêts à changer de région pour raison professionnelle

La Fédération Syntec publie les résultats d’un sondage Ifop portant sur l’attractivité territoriale et la perception qu’en ont les actifs français. Quelques mois après le confinement, il ressort de cette étude un intérêt certain quant à la volonté de changer de région pour raison professionnelle (60% des actifs en Ile-de-France), et une forte confiance accordée aux acteurs locaux pour renforcer l’attractivité des territoires (86% font confiance aux TPE et PME, 78% à la région). Cette étude s’inscrit dans le cadre d’une réflexion globale entamée par la fédération sur la manière dont les secteurs d’avenir qu’elle représente peuvent contribuer à réduire la fracture territoriale.

« A l’heure où toutes les ressources économiques du pays sont mobilisées dans le projet de relance, la fracture territoriale est plus que jamais un problème sur lequel les acteurs économiques doivent travailler de concert. Les secteurs d’avenir que nous représentons ont leur rôle à jouer dans la réduction de cette fracture territoriale, et l’objectif de cette étude est aussi et surtout de savoir ce que la population attend des entreprises et des territoires », commente Laurent Giovachini, Président de la Fédération Syntec.

Les actifs français veulent changer de région

L’un des premiers enseignements de l’étude menée par l’Ifop pour la Fédération Syntec est la présence d’un intérêt certain de la population active pour la mobilité. Quelques mois après l’expérience nationale du confinement, pendant laquelle de nombreux actifs en grande agglomération ont redécouvert l’attrait des régions, la volonté d’en changer est particulièrement présente :

  • 41% des personnes interrogées seraient intéressées à l’idée de changer de région pour raison professionnelle ;
  • Un chiffre qui monte à 60% pour les actifs d’Ile-de-France ;
  • A l’inverse, seulement 26% des personnes interrogées seraient intéressées à l’idée de quitter une petite ou moyenne agglomération pour une métropole pour raison professionnelle ;
  • Un chiffre qui tombe à 16% lorsque l’on pose la question de déménager en région parisienne.

Il existe donc une véritable dichotomie entre la réalité de la fracture territoriale, qui peut empêcher certaines personnes de mener à bien leur projet de changer de région, et l’attrait que les régions exercent sur les populations qui vivent en grande agglomération.

Le télétravail à 100%, la solution ?

Alors que le confinement a fait découvrir le télétravail à bon nombre de Français et de Françaises, l’idée de travailler en full-remote a fait son chemin

36%
des actifs seraient intéressés à l’idée d’être en télétravail à 100%
Un chiffre qui monte à
49%
pour les actifs d’IDF
et à
43%
pour les 18-24 ans

« Dans un contexte post confinement qui a rebattu les cartes du rapport au travail et de son organisation, l’attractivité des régions est une réalité pour les actifs franciliens qui sont majoritaires à être intéressés par une mobilité professionnelle hors région parisienne. Les acteurs locaux (les TPE/PME, la région, les collectivités locales) sont par ailleurs perçus comme les mieux placés pour soutenir l’attractivité régionale, notamment via un travail sur le triptyque habitat, transports, et réseaux de soins », commente Flora Baumlin, Directrice d’études pour l’Ifop.

Une forte confiance accordée aux acteurs locaux, privés comme publics

D’après le sondage Ifop pour la Fédération Syntec, les acteurs locaux remportent le plus largement la confiance des actifs pour contribuer à accroitre l’attractivité des territoires :

  • 86% des personnes interrogées font confiance aux TPE et PME à ce sujet ;
  • 78% à la région ;
  • Et 77% aux collectivités ;
  • A l’inverse, les grandes entreprises n’inspirent confiance qu’à 57% des personnes interrogées sur la question de l’attractivité des territoires, et l’Etat 35%.

« Ce sondage confirme que les Français et les Françaises savent très bien que les régions regorgent d’atouts et d’entreprises prêtes à dynamiser les territoires. Et pour travailler cette attractivité, ce sont les acteurs de proximité que sont les TPE et PME qui recueillent le plus largement la confiance des actifs. Alors que 97% des entreprises que nous représentons comptent moins de 49 salariés, ces chiffres confirment la feuille de route que nous nous sommes fixée, à savoir de donner aux entreprises des secteurs d’avenir les moyens de réduire la fracture territoriale en collaboration avec les pouvoirs publics », ajoute Matthieu Rosy, Délégué général de la Fédération Syntec.

Les collectivités, quant à elles, sont attendues plus particulièrement sur trois facteurs pour se rendre plus attractives :

  • La qualité de l’habitat et l’offre de logements ;
    • 48% des actifs IDF et 43% des actifs en régions ;
  • Les réseaux de transports ;
    • 47% des actifs IDF et 39% des actifs en régions ;
  • Les réseaux de soins et l’accès à la santé ;
    • 39% des actifs IDF et 38% des actifs en régions.

L’offre de formations, un atout pour les régions

En 4e position vient « la qualité de l’éducation et l’offre de formations », citée par 22% des actifs d’IDF et 31% des actifs en régions. Des chiffres intéressants au regard de la réalité du terrain, puisque 70% des entreprises et 68% des établissements proposant de la formation professionnelle se situent effectivement en régions.

La population active d’Ile-de-France, spécificités et particularités

Le sondage enseigne également que la population active francilienne a tendance à se démarquer sur de nombreux points. Parmi les items les plus marquants :

  • 74% des actifs d’Ile-de-France pensent que les entreprises des secteurs d’avenir se situent majoritairement en Ile-de-France, alors que les actifs en régions affirment à 76% qu’elles se situent en régions. Et ces derniers ont raison, puisque 57% des entreprises des secteurs d’avenir se situent effectivement en régions ;
  • De la même manière, les actifs d’Ile-de-France ont tendance à plus facilement faire confiance aux grandes entreprises (64%) que l’ensemble de la population (57%) pour travailler sur l’attractivité des territoires.

En publiant ce sondage sur l’attractivité des territoires et en dédiant son colloque annuel du 14 octobre 2020 à cette question, la Fédération Syntec accélère sa réflexion sur la manière dont les métiers d’avenir, à savoir les secteurs du numérique, de l’ingénierie, du conseil, de la formation professionnelle et de l’événement, peuvent contribuer au dynamisme économique des territoires.

Etude réalisée par l’Ifop pour la Fédération Syntec, par téléphone du 29 septembre au 5 octobre 2020, auprès d’un échantillon de 1004 personnes représentatif des actifs en poste âgés de 18 ans et plus.

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