Mutuelle : 5 changements clés à connaître pour votre couverture santé en 2026
Vous êtes salarié ou manager au sein de la branche Syntec (IDCC 1486) ? Sachez que votre régime de complémentaire santé s’apprête à connaître des évolutions à compter du 1er janvier 2026. Pour vous aider à y voir clair, cet article décode les derniers textes (avenants n°8 et n°9) et vous présente, de manière simple et concise, les 5 points les plus importants à retenir concernant votre future couverture.
Plus de flexibilité avec la nouvelle structure de cotisation « Isolé/Famille »
À côté de la structure existante (« salarié + enfants obligatoires/conjoint facultatif »), les entreprises de la Branche auront désormais le choix d’opter pour une nouvelle organisation : la structure « isolé/famille obligatoire ».
Concrètement, un salarié sans ayant-droit paiera une cotisation « isolé », tandis qu’un salarié avec un ou plusieurs ayants-droits (conjoint, enfant(s)) paiera une cotisation unique « famille » qui couvrira l’ensemble du foyer. Il est crucial de noter que le choix opéré par l’entreprise pour l’une ou l’autre desstructures s’appliquera de manière uniforme à l’ensemble de son personnel.
Ce changement vise à offrir plus de souplesse aux entreprises, un objectif clairement énoncé dans le préambule de l’Avenant n°8, qui a identifié les freins à l’adhésion au Régime de Branche :
Soucieux de promouvoir le régime conventionnel et de développer la mutualisation, les partenaires sociaux de la Branche ont commandé une étude de marché visant à identifier les freins à l’adhésion de nouvelles entreprises […]. Une potentielle inadéquation entre les besoins de certaines entreprises, d’une part, et l’offre de complémentaire santé en vigueur, d’autre part, a été mise en lumière.
Cette nouvelle modularité répond directement à « l’inadéquation » identifiée, en permettant à une startup composée de jeunes salariés célibataires ou à une PME avec de nombreux parents de choisir la structure la plus pertinente et la plus juste pour son personnel.
Santé mentale, optique, dentaire : ce qui évolue dans vos remboursements
Le panier de soins est ajusté pour mieux répondre aux enjeux de santé actuels. Voici les principales modifications :
- Soutien psychologique : Le Régime intègre la prise en charge des séances dans le cadre du dispositif « Mon soutien psy ». C’est une avancée notable qui s’inscrit dans une prise de conscience croissante de l’importance de la santé mentale en entreprise.
- Chirurgie optique : La prise en charge de la chirurgie réfractive (opération de la myopie, etc.) est augmentée sur les trois premières options.
- Verres de lunettes : La prise en charge est augmentée sur les premières options, et rationnalisée sur les package les plus onéreux.
- Dentaire : Le plafond applicable aux prothèses dentaires (hors dispositif « 100 % Santé ») est désormais limité à deux dents par an et par bénéficiaire. Ce dernier, qui remplace le plafond précédent, initialement exprimé en nombre de prothèses, permet d’exclure les équipements temporaires de sa prise en compte.
- Chambre particulière en hôpital : Le niveau de remboursement est diminué sur les packages les plus onéreux, sur lesquels des dérives commerciales ont été observées.
- Une garantie supprimée : La prise en charge de « l’équilibre alimentaire et des produits diététiques » est retirée des garanties.
Ces ajustements, effectués dans le respect du cahier des charges des « contrats responsables », ne sont pas anodins. Ils témoignent d’une réallocation stratégique des fonds : le régime se concentre sur des postes à fort impact et souvent très coûteux pour les salariés (santé mentale, chirurgie optique), quitte à maîtriser les coûts sur d’autres postes pour financer ces nouvelles priorités et maintenir l’équilibre financier global.
Reconduction du trio d’assureurs recommandés pour 2026-2030
Pour la période du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030, les partenaires sociaux ont reconduit les organismes assureurs jusqu’ici recommandés sur le Régime :
- Aésio mutuelle
- Harmonie Mutuelle
- Malakoff Humanis Prévoyance
Prévention et bien-être : les nouvelles priorités de l’action sociale
Le régime conventionnel Syntec consacre 2 % de l’ensemble des cotisations au financement d’actions sociales. Pour la période 2026-2030, de nouvelles orientations prioritaires ont été définies pour aller au-delà du simple remboursement de soins :
- La promotion des pratiques sportives : Cela pourra se traduire par des aides au financement de licences sportives ou l’organisation de challenges internes.
- L’amélioration de l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle : Des actions concrètes de soutien à la parentalité ou d’aide aux salariés aidants pourraient être développées.
- La résolution des problématiques d’inclusion appliquées à la santé : Cet axe majeur vise à apporter un soutien ciblé, par exemple via des programmes pour les salariés atteints de maladies chroniques, un meilleur accès aux soins pour les femmes sujettes à l’endométriose, ou encore des ressources pour les salariés neurodivergents.
Cette orientation marque une volonté claire de formaliser une approche plus globale et préventive de la santé au travail.
Concrètement, combien ça va coûter ? Les tarifs 2026
Ces cotisations de base ont été calculées pour équilibrer le niveau des nouvelles garanties tout en restant compétitives sur le marché. Les grilles tarifaires qui s’appliqueront dès le 1er janvier 2026 ont été publiées dans l’Avenant n°9. Voici les montants des cotisations de base mensuelles pour le régime général (hors Alsace-Moselle) :
- Pour la structure « Isolé / Famille » : la cotisation de base sera de 46,50 € pour un « Isolé » et de 122,50 € pour une « Famille ».
- Pour la structure « Salarié + Enfant(s) » : la cotisation de base sera de 64,00 €.
Bien entendu, des options facultatives existeront pour améliorer ces garanties de base, moyennant des cotisations supplémentaires. Elles pourront être rendues obligatoires par les entreprises ; dans cette situation, ces dernières participeront à leur financement.
Plus qu’une simple mise à jour, ces changements dessinent une véritable stratégie. La branche Syntec se dote pour 2026 d’un écosystème santé plus modulaire, moderne et préventif. L’objectif est de proposer un régime plus compétitif face aux contrats privés et mieux adapté aux besoins de collaborateurs de tous horizons.