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Publié le 20 janvier 2022

Les nouveaux chemins de la croissance passent par l’industrie de la connaissance !

Président de la Fédération Syntec, directeur général adjoint du groupe Sopra Steria et membre du bureau et du comité exécutif du Medef, Laurent Giovachini nous rappelle le rôle incontournable que joue désormais l’industrie de la connaissance dans la croissance française et européenne.

Qu’appelez-vous « industrie de la connaissance » et sa contribution à l’économie française est-elle suffisamment reconnue par les pouvoirs publics ?

L’industrie de la connaissance regroupe les métiers du numérique, de l’ingénierie, du conseil, de l’événementiel, de la formation professionnelle qui constituent ceux représentés au sein de la Fédération Syntec. Mais au-delà de ces derniers, elle inclut également d’autres métiers de service à forte valeur ajoutée comme ceux de la banque, de l’assurance, des télécommunications et de la communication proprement dite. Cet ensemble représente en France deux millions d’emplois et environ 15 % du PIB. Or, et c’est ce que je développe dans un livre (1) qui vient de paraître, ces services immatériels sont, à l’exception des start-up, dans l’angle mort de nos politiques et de nos médias. Or, cette industrie de la connaissance est vitale, car elle représente également une grande partie du travail de demain avec 60 à 70 % de cadres, de bac+5. Les nouveaux chemins de la croissance passent par l’industrie de la connaissance.

Que faut-il faire pour qu’elle sorte de cet angle mort ?

C’est l’objet de mon livre « Les nouveaux chemins de la croissance » que de les mettre davantage en lumière. La réindustrialisation du pays est une nécessité, mais elle ne pourra se faire sans cette industrie de la connaissance. Bien évidemment, la transformation des start-up en licornes a toute son importance. Mais ces start-up ne se développeront pas sans un écosystème beaucoup plus large qui inclut de grandes sociétés de services informatiques comme Capgemini, Atos ou Sopra Steria, de grands éditeurs de logiciels comme Dassault System ou SAP en Allemagne. Pour sortir de cet angle mort, c’est d’abord à nos métiers de davantage mettre en évidence notre apport. Nous représentons une vraie force, notamment parce que nous regroupons la plus forte densité de talents en termes d’intelligence productive de l’économie française.

Craignez-vous qu’avec l’inscription du télétravail dans la durée, certains de ces emplois soient délocalisés, certains talents choisissant de travailler à distance depuis l’étranger ?

Il s’agit d’un danger relatif. En « année normale », la branche Syntec crée 60 000 emplois nets par an en France. Une étude que nous avons commandée montre qu’il ne faut pas craindre la délocalisation d’emplois à très forte valeur ajoutée suite à la généralisation du télétravail. En revanche, il faut rester attentif au fait que les conditions d’emploi de nos cadres ne soient pas trop désavantageuses par rapport à d’autres pays. Si c’était le cas, les groupes internationaux pourraient avoir la tentation de créer davantage d’emplois dans d’autres pays plutôt qu’en France. Notre pays devrait donc faire face à des pertes d’opportunités que de véritables délocalisations. De plus, il convient de rappeler que l’Hexagone est en manque de talents, de compétences qualifiées dans des filières comme le numérique, la cybersécurité, la data science, etc. Nous ne formons pas assez d’ingénieurs, de consultants destinés à l’ensemble de ces services immatériels. Ce volet me préoccupe bien plus.

Interview : "Les nouveaux chemins de la croissance passent par l’industrie de la connaissance" de Laurent Giovachini, président de la fédération Syntec
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