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Publié le 12 octobre 2021

Les services à haute valeur ajoutée, vecteurs d’emploi et de dynamisme économique en France (Etudes Fédération Syntec – Asterès – Sapiens)

La Fédération Syntec publie les résultats de deux études réalisées par l’Institut Sapiens et le Cabinet Asterès sur l’impact économique des services à haute valeur ajoutée, et les risques qu’ils encourent suite à la crise sanitaire. Forte de ces enseignements, elle émet une série de propositions à destination des pouvoirs publics aussi bien locaux que nationaux dans l’objectif de les accompagner dans la réduction du déficit d’attractivité dont souffrent certaines villes et certains territoires.

 Les enseignements des deux études en quelques points :

  • Les services à Haute Valeur Ajoutée* jouent un double rôle puissant de créateur et de catalyseur de dynamisme territorial ;
  • Ils sont une force à l’international pour la France, étant l’une des rares industries à bénéficier d’une balance commerciale positive ;
  • Néanmoins, des menaces de délocalisations et de pertes d’opportunités pèsent sur ces secteurs en raison de la concurrence européenne et internationale.

 « Alors que les questions liées à l’emploi et à l’industrie sont au cœur du débat public, ces travaux d’économistes ont le mérite de clarifier et d’enrichir le débat. Ils démontrent d’un même geste que les industries de la connaissance sont un vecteur essentiel de développement économique et territorial, notamment dans les villes de taille moyenne et les territoires semi-ruraux, tout en étant exposées à des risques de perte d’opportunité du fait de la concurrence internationale. En résumé, ces études démontrent l’intérêt pour l’Etat et pour les exécutifs locaux de miser sur ces secteurs pour réindustrialiser notre pays et développer l’emploi et l’activité dans les territoires », commente Laurent Giovachini, Président de la Fédération Syntec.

Favoriser les créations régionales d’emplois à haute valeur ajoutée

L’étude pilotée par Olivier Babeau, président fondateur de l’Institut Sapiens, à la demande de la Fédération Syntec est sans appel, et conclut que ces emplois jouent un rôle clé dans le développement économique des territoires.

La création de ces emplois, redéfinis pour l’analyse en « emplois à fonctions métropolitaines** » afin de mieux correspondre aux réalités des métiers de la Fédération Syntec, est très fortement corrélée à la croissance d’un territoire (corrélation supérieure à 94%), et ce pour différentes raisons. D’une part la création de ces emplois sur un territoire génère activités et croissance, éléments constitutifs de la prospérité locale, d’autre part, par leur nature, ces emplois participent au dynamisme local et génèrent d’importantes externalités positives.

« Forts de ces constats, nous pouvons aujourd’hui affirmer que l’enjeu pour les exécutifs locaux est d’opérer un choc d’attractivité de leur territoire, pour attirer et fidéliser ces actifs qui génèrent d’importantes externalités économiques. Un territoire attractif est un territoire équipé. C’est tout l’objectif des propositions communes que nous avons formulées avec Asterès et la Fédération Syntec : parvenir à hisser les villes et les territoires au même niveau d’attractivité qu’une métropole comme Paris ou qu’une région comme l’Ile-de-France, en les dotant, d’une manière ou d’une autre, des mêmes atouts », conclut Olivier Babeau.

Le départ des emplois vers l’étranger : une menace renforcée par la crise sanitaire

La seconde étude, pilotée par Nicolas Bouzou, directeur et fondateur du cabinet Asterès, revient quant à elle sur les caractéristiques de la mobilité internationale des emplois à haute valeur ajoutée, renforcées par les évolutions de l’organisation du travail induites par la récente crise, et démontre que les problématiques de la délocalisation et de la perte d’opportunités concernent de façon grandissante l’industrie de la connaissance. Le caractère à la fois international et « télé-travaillable » des emplois à haute valeur ajoutée conjugué à la crise sanitaire actuelle constitue ainsi une double menace :

  • D’une part, le risque existe, bien que limité, d’assister à une fuite des cerveaux, Ces personnes pourraient choisir de s’expatrier en fonction du maintien ou non de la pratique du télétravail. Elles continueraient certes à travailler pour des entreprises françaises, mais ne profiteraient plus à leur territoire ni à l’écosystème économique, culturel et social local.
  • D’autre part, un risque bien plus grand émerge de voir se créer à l’étranger un grand nombre d’emplois à haute valeur ajoutée… qui auraient pu, voire qui auraient dû, se créer en France. C’est une perte d’opportunités massive qui s’annonce si rien n’est fait pour endiguer ce mouvement. Au total, selon les scénarios pourraient aller de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d’emplois qui pourraient être concernés.

« La concurrence de nos voisins européens pour localiser sur leur sol ces activités impose de déployer des mesures d’attractivité fortes, comme de développer des liaisons TGV avec les pays voisins pour des villes comme Lyon ou Montpellier, susceptibles d’attirer ces travailleurs qualifiés, ou encore de procéder à une ouverture massive de sections internationales dans les écoles, collèges et lycées sur tout le territoire. L’attractivité internationale ainsi renforcée des métropoles régionales se répercuterait sur les territoires ruraux situés à proximité. », commente Nicolas Bouzou.

Des mesures phares pour renouer avec la croissance des territoires

Au carrefour de tous les enjeux mentionnés ci-dessus se pose donc la question de l’attractivité des territoires. Désirant accompagner les pouvoirs exécutifs locaux et l’Etat dans la réduction du déficit d’attractivité dont souffrent certaines villes et certains territoires par rapport à une région comme l’Ile-de-France, la Fédération Syntec, Asterès et l’Institut Sapiens avancent un ensemble de propositions :

  • Accélérer le déploiement de la 5G en zones rurales ;
  • Travailler à l’amélioration des gardes d’enfants ;
  • Développer l’offre de transports, par exemple en misant sur les transports autonomes ou sur l’ouverture de liaisons TGV avec les pays frontaliers pour les villes de taille moyenne ;
  • Faire émerger massivement des sections internationales dans les écoles, collèges et lycées ;
  • Développer davantage l’offre culturelle locale.

Pour aller plus loin, la Fédération Syntec, Asterès et l’Institut Sapiens recommandent également de mettre en place un programme ambitieux de transfert de certains emplois administratifs en région. Cette démarche, à condition qu’elle soit réalisée par la puissance publique en coordination étroite avec le secteur privé, pourrait permettre de nombreuses greffes d’activité dans des zones actuellement peu dynamiques et pauvres en emplois.

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